La Jungle Jacket, la veste militaire charismatique, revue et corrigée pour l’hiver.

La Jungle Jacket, connue aussi sous le doux nom d’OG107, est cette fameuse veste militaire qui ne ressemble à aucune autre. Elle se différencie des éternelles M51 et M43 grâce à deux éléments :
- sa construction déstructurée, similaire à une chemise. Elle se porte très facilement par dessus une veste de costume
- ses poches oversize avec rabat arrondi et pli creux. On ne voit pour ainsi dire qu’elles : ce sont ces fameuses poches qui font de cette Jungle Jacket une pièce ultra forte
Sur cette version Highland, nous avons ajouté un col en velours côtelé contrastant qui apporte une touche gentleman farmer très réussie. Ce détail, qu’on retrouve traditionnellement sur les vestes de campagne britanniques, crée un jeu de textures particulièrement élégant entre la rugosité du twill de laine et la douceur du velours côtelé. Un contraste qui fonctionne aussi bien stylistiquement que visuellement, et qui adoucit le côté militaire de la pièce pour un rendu plus raffiné.
Comment la porter ? Imaginez une Barbour, mais en laine. C’est exactement le même esprit : une pièce d’extérieur qui structure la silhouette et qu’on jette sur à peu près tout – un pull Shetland, un gilet boutonné, une chemise chambray, voire une chemise-cravate pour les plus audacieux.
C’est une pièce que je porte depuis des années, mais qui en l’état souffrait de deux défauts :
- impossible à trouver neuf en France : il faut soit passer par des marques singapouriennes (en mesure donc cher et avec des délais) ou australiennes (donc assez cher aussi) pour en trouver, avec le risque de frais de douanes
- trop peu de choix dans les matières : vu qu’il ne fait pas très froid à Singapour ou en Australie, ces marques ne proposent jamais de Jungle Jacket dans de vraies grosses laines bien chaudes. On a donc soit du coton, soit des laines assez fines.
Avec Couturier Parisien, nous avons donc exploité une série de rouleaux de laines upcyclées de chez Nona Source (issues des stocks des maisons LVMH) bien épaisses, avec un bon style Gentleman Farmer, pour vous proposer des Jungle Jacket qui vous garderont au chaud cet hiver. Le tout à un prix imbattable.
Attention, les quantités sont limitées. J’espère que ça vous plaira : il s’agit des pièces préférées de cette capsule Soft Tailoring.
Valéry

Poignets à bouton
Des poignets à boutons comme sur une chemise, pour un port isolant fermé ou un port nonchalant ouvert.

Le dos charismatique
Un pli creux qui s’ajuste pour pouvoir porter plus de couches en dessous, ainsi que des ajusteurs à relâcher si besoin.

Poches oversize à rabat arrondi
Les mythiques poches oversize pli creux et rabat arrondi des Jungle Jacket, qui séparent cette veste de la myriade de vestes militaires du marché.
Twill khaki 100% laine 550g/m2
Nona Source: des tissus issus de grandes maisons de couture LVMH
Nona Source, un projet né en 2021 de l’expérience de Romain Brabo chez Givenchy, où il a pu constater de ses propres yeux l’ampleur du gaspillage dans l’industrie du luxe.
Le choix du nom n’est d’ailleurs pas anodin : Nona, en référence à l’une des trois Parques de la mythologie romaine qui tissait le fil de la vie, traduit parfaitement cette volonté de donner une seconde vie aux matières nobles.
L’enseigne collabore actuellement avec 17 maisons de couture, proposant un catalogue impressionnant de plus de 4000 références. Le modèle est particulièrement intéressant : ces tissus d’exception sont proposés à environ un tiers de leur prix d’origine, les rendant enfin accessibles aux créateurs et aux plus petites structures.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2023, Nona Source a permis le réemploi de plus de 300 tonnes de textiles et la revalorisation de 280 000 mètres de tissus. Un bel exemple de ce qu’on peut faire en conjuguant luxe et responsabilité environnementale, d’autant plus que tous les stocks sont basés en France, limitant ainsi l’empreinte carbone du projet.
Tableau des tailles
Je fais d’habitude XS et j’ai pris S pour pouvoir porter par dessus un costume sans problèmes.

Conseils de style
« Brutalisme élégant »
La combinaison la plus directe et peut-être la plus facile à reproduire : une chemise oxford à rayures bengal bleu ciel, col boutonné, associée à une cravate tricot bleu marine. Le pantalon en flanelle gris moyen, taille haute avec pinces, complète le trio. L’ensemble chemise-cravate sans couche intermédiaire (ni pull, ni gilet, ni cardigan) permet de porter la jungle jacket boutonnée ou ouverte avec la même aisance.
Le col boutonné, loin d’être un choix anodin, joue ici un rôle clé : il structure suffisamment l’encolure pour accueillir une cravate tout en conservant un côté décontracté qui s’accorde parfaitement avec le caractère utilitaire de la veste. La cravate tricot, par sa texture mate et son tombé naturel, évite l’effet « costume sans veste » qui pourrait résulter d’une cravate en soie trop brillante.
Le dialogue des textures fonctionne à merveille : le twill de laine légèrement chiné de la veste, le coton tissé de la chemise, la maille serrée de la cravate, le velours côtelé du col. Quatre matières différentes, mais une cohérence d’ensemble grâce à la palette resserrée (khaki, bleu, gris, marron).
Une tenue idéale pour une première approche de la jungle jacket en contexte semi-formel : sobre, lisible, efficace.
« Brume des Cotswolds »
L’interprétation la plus authentiquement country de toute la série : la jungle jacket portée sur un pull Fair Isle col V aux tonalités sourdes (vert mousse, tabac, bleu pétrole), lui-même superposé à une chemise chambray dont le col reste visible. Le pantalon en tweed est ici coupé en knickerbockers – ces fameux pantalons de campagne resserrés sous le genou – portés avec des bottes en caoutchouc type Wellington.
C’est précisément pour ce genre de tenue que le col contrastant en velours côtelé prend tout son sens : il ancre la veste dans un registre campagnard britannique sans équivoque, créant une filiation directe avec les vestes de garde-chasse et les field jackets traditionnelles. Le dialogue des matières est ici parfaitement orchestré : twill de laine de la veste, Shetland brossé du Fair Isle, coton chambray délavé, velours côtelé du col, tweed du pantalon.
La montre vintage à cadran patiné et bracelet acier apporte une touche de raffinement discret, tandis que la laisse en cuir vieilli complète naturellement l’ensemble. Une tenue pensée pour les longues promenades dans la brume automnale, où l’élégance se mesure au confort et à la cohérence d’ensemble plutôt qu’à l’ostentation.
L’astuce : les tons du Fair Isle (vert, tabac, bleu) reprennent exactement la palette de la veste et du pantalon, créant une harmonie chromatique qui unifie les différentes couches malgré la richesse des textures.
« Jetée d’hiver »
La jungle jacket trouve ici son terrain de jeu idéal : superposée sur un pull Fair Isle col V aux teintes automnales (bordeaux, vert sapin, ocre), lui-même porté sur une chemise chambray dont le col ressort juste assez. Le pantalon en velours côtelé blanc cassé avec revers francs éclaire l’ensemble et crée un contraste saisissant avec le khaki sombre de la veste. Les mocassins à pampilles en cuir marron ancrent la silhouette sans l’alourdir. L’astuce : le col en velours côtelé de la veste dialogue parfaitement avec la texture du pantalon, créant une cohérence matière subtile. Une tenue qui assume pleinement son héritage gentleman farmer britannique, parfaite pour une balade en bord de mer un jour de grisaille.
« Béton brut »
Version plus urbaine et épurée : la jungle jacket se porte ici sur un col roulé gris-bleu en maille fine, relevé par un foulard de soie à motifs géométriques noué façon ascot. Le pantalon en flanelle gris anthracite et les chelsea boots noires tirent l’ensemble vers un registre plus habillé. L’idée est de jouer sur un camaïeu de gris et de bruns sourds, où seul le col velours côtelé apporte une touche de chaleur. Le foulard de soie, loin d’être superflu, crée une transition élégante entre le col de la veste et le col roulé. Une interprétation contemporaine qui prouve que la jungle jacket peut s’inviter dans un contexte semi-formel sans dénoter.
« Compartiment pullman »
L’interprétation la plus old money de la sélection : un gilet boutonné bordeaux sur chemise chambray, le tout sous la jungle jacket. Le pantalon en tweed tabac à chevrons et les bottines à lacets en cuir patiné complètent l’ensemble. La casquette gavroche en tweed posée sur la table n’est pas un accessoire anodin : elle ancre définitivement la tenue dans un univers campagnard britannique raffiné. Le gilet crée une couche intermédiaire qui structure le buste et permet de porter la veste ouverte avec prestance. Le contraste entre le bordeaux profond et le bleu délavé du chambray fonctionne par opposition de températures. Une tenue pensée pour les longs trajets en train à travers les Highlands.

































